« Je commence lundi. » Peut-être s’agit-il de la salle de sport, d’une langue ou d’un roman qui dort dans un tiroir. Le lundi ressemble à une page blanche : rien n’a encore mal tourné, alors le plan a l’air parfait. Et si le lundi file, il reste le 1er du mois. Ou après les fêtes. Ou le Nouvel An.
Ce n’est pas ridicule. Un nouveau départ agit vraiment sur nous. Mais le même sentiment qui aide à se lancer peut aussi aider à attendre, et transformer un faux pas en prétexte pour abandonner. Voici ce que dit la recherche, et comment profiter de l’élan sans perdre de temps.
Pourquoi un nouveau lundi donne une impression différente
Hengchen Dai, Katherine Milkman et Jason Riis ont constaté que les comportements tournés vers un objectif augmentent au début de quelque chose de nouveau : une nouvelle semaine, un nouveau mois, une nouvelle année, un anniversaire. Dans leur étude de 2014, cela se voyait dans les visites en salle de sport, dans les recherches du mot « régime » et dans les contrats d’engagement (commitment contracts). Le calendrier tourne la page, et les gens se mettent en route vers leurs objectifs. Ils ont appelé cela l’effet nouveau départ (fresh start effect en anglais).
La même équipe a ensuite testé la formulation. Dans un article de 2015, elle a montré que présenter une date comme un nouveau commencement, par exemple « le premier jour du printemps », renforçait l’intention de s’atteler à ses objectifs. Ce n’est donc pas seulement la date qui compte, mais aussi la manière de la présenter.
Une intention n’est pas encore une action, c’est pourquoi une troisième étude mérite d’être connue. En 2021, John Beshears, Hengchen Dai, Katherine Milkman et Shlomo Benartzi ont testé cet effet en situation réelle. Dans une étude menée auprès d’environ 6 000 personnes, des courriers présentant une date à venir comme un nouveau départ ont entraîné davantage d’inscriptions à un plan d’épargne retraite.
En somme : un nouveau départ donne un vrai coup de pouce, et vous avez le droit de vous en servir.
Où se cache le piège
Premier piège : faire de la date un prétexte pour attendre. Un regain de motivation, c’est précieux. Ce n’est pas une raison de garder l’objectif au chaud jusqu’à ce que le calendrier s’y prête, et chaque jour d’ici lundi est un jour où vous auriez déjà pu commencer.
Second piège : le nouveau départ du tout ou rien. Un nouveau départ exige de vous une version parfaite dès le premier jour : toutes les séances, toutes les pages, aucune sucrerie. Puis vous ratez une journée, et toute la tentative paraît gâchée. Les psychologues Janet Polivy et Peter Herman ont décrit ce mécanisme en 1985 dans leurs recherches sur les régimes : un écart vécu comme un échec peut pousser à tout abandonner. Il a reçu plus tard un nom populaire, l’effet « tant pis » (what-the-hell effect en anglais). Leurs travaux portaient sur les régimes, mais cette pensée vous est peut-être familière dans d’autres domaines : « J’ai tout gâché, à quoi bon ? » Et vous attendez le lundi suivant pour réessayer, parfaitement cette fois.
La parade est la même pour les deux pièges : profitez de la date, et faites aussi dès maintenant une toute petite étape.
1. Gardez le lundi, et faites une toute petite étape dès aujourd’hui
Ne renoncez pas au nouveau départ. Faites-le précéder d’une minuscule étape. Si le lundi, c’est « courir trois fois par semaine », l’étape du jour consiste à poser vos chaussures de course près de la porte et à marcher dix minutes. Si le lundi, c’est « commencer le roman », l’étape du jour tient en une phrase écrite en vrac dans une appli de notes.
Le lundi n’est alors plus le début. C’est le jour où vous construisez sur quelque chose qui a déjà bougé. Si c’est le démarrage lui-même qui vous bloque, nous avons consacré tout un guide à comment lancer un objectif que vous remettez sans cesse à plus tard.
2. Un seul objectif par nouveau départ
Un nouveau départ semble assez grand pour tout contenir : mieux manger, faire du sport, apprendre l’anglais, ranger l’appartement, dormir davantage. Choisissez-en un. Les autres auront leur propre nouveau départ plus tard, et les occasions ne manquent pas (voir le tableau plus bas).
3. Donnez un nom à la date
Puisque la formulation compte, dites à voix haute ce qui commence à cette date. « Lundi : première semaine où je me remets à courir. » « Le 1er : premier mois où je mets un peu d’argent de côté. » « Mon anniversaire : jour un de l’anglais. » Notez-le dans votre agenda, avec la toute petite étape juste à côté. Le nom fait de la date quelque chose que l’on attend avec envie, et l’étape garantit que l’on ne fait pas qu’attendre.
4. Créez vos propres nouveaux départs
Inutile d’attendre le 1er janvier. Dans les études, les nouvelles semaines, les nouveaux mois et les anniversaires ont tous donné un élan, et une année en compte des dizaines. Vous pouvez aussi nommer les vôtres : le jour du retour de voyage, le premier jour d’un nouvel emploi, le matin qui suit une échéance. Soyons clairs : les études citées plus haut portent sur des dates du calendrier. Une date personnelle, c’est notre suggestion, pas un résultat de recherche. Mais un début que vous choisissez a un grand avantage : il arrive quand vous en avez besoin, pas quand le calendrier le décide.
5. Calibrez la première semaine sur un jeudi ordinaire
Un nouveau départ pousse à planifier le nouveau vous à pleine puissance. Planifiez plutôt pour le jeudi où vous serez à plat. Si le plan du lundi est une course de 30 minutes, la version du jeudi est une marche de dix minutes. S’il s’agit de 20 minutes d’anglais, la version du jeudi, c’est cinq mots dans le bus. Une première semaine que vous menez jusqu’au bout vaut mieux qu’une semaine parfaite que vous abandonnez au troisième jour.
6. Si vous trébuchez, repartez demain, en plus petit
Un faux pas ne met pas fin au nouveau départ. Il fait partie du milieu du chemin, et c’est normal. N’attendez pas le lundi suivant : un jour manqué deviendrait une semaine manquée. Demain matin est aussi un nouveau départ, alors reprenez à ce moment-là, avec la plus petite version de l’étape.
Mieux vaut le décider à l’avance : « Si je rate une journée, le lendemain je fais la plus petite version. » Un faux pas n’est alors pas un verdict, juste un signal pour réduire l’étape.
Des nouveaux départs pour toute l’année
| Moment | Ce qui peut commencer | Une toute petite première étape |
|---|---|---|
| N’importe quel lundi, pas seulement le premier de l’année | Bouger davantage | Marcher dix minutes après le déjeuner |
| Le 1er du mois | Mettre de l’argent de côté | Virer une petite somme, peu importe laquelle, vers un compte d’épargne à part |
| Votre anniversaire | Une langue | Apprendre cinq mots qui vous serviront vraiment cette semaine |
| Le premier jour d’une saison | Un projet créatif | Écrire trois phrases en vrac, ou dessiner cinq minutes |
| Septembre, la rentrée ou une nouvelle année de travail | Apprendre quelque chose pour le travail | Bloquer un créneau de 15 minutes dans l’agenda |
| Au retour d’un voyage | Une maison plus apaisée | Dégager une surface et la garder dégagée ce soir |
| Après une grosse échéance | Lire pour le plaisir | Lire dix pages avant de dormir |
| Demain, après un faux pas | N’importe quel objectif | La plus petite version de l’étape |
Les erreurs fréquentes
- Planifier la version parfaite. Un nouveau départ, c’est le moment où l’on est le plus optimiste, donc le pire pour décider de la taille de l’étape.
- Attendre avec un plan tout prêt. Un plan terminé en octobre n’a pas à dormir jusqu’en janvier.
- Lancer cinq choses à la même date. Un nouveau départ porte bien un objectif, et mal cinq.
- Prendre le lundi pour un verdict. Rater le mardi n’annule pas le lundi.
- Balayer l’idée sous prétexte que « les dates sont arbitraires ». Elles le sont, et elles semblent pourtant fonctionner. Servez-vous-en pour de petites choses.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux commencer lundi ou aujourd’hui ?
Les deux. Faites une toute petite étape aujourd’hui et laissez le lundi être le jour où vous passez la vitesse supérieure. Si vous ne pouvez faire qu’un des deux, choisissez aujourd’hui : l’étape est réelle, alors que le lundi n’est qu’un plan.
L’effet nouveau départ ne marche-t-il que le 1er janvier ?
Non. La recherche a étudié les nouvelles semaines, les nouveaux mois, les nouvelles années et les anniversaires, et une étude a employé une formulation comme « le premier jour du printemps ». Le 1er janvier est le plus grand des nouveaux départs, mais pas le seul.
J’ai raté mon départ de lundi. Dois-je attendre le prochain ?
Non. Faites d’aujourd’hui le jour un et accomplissez la toute petite étape. Une mauvaise semaine est une raison de réduire l’étape, pas de la repousser.
Laissez Aimora vous offrir un nouveau départ chaque jour
Aimora n’attend pas le lundi. Indiquez votre objectif, le temps dont vous disposez et où vous en êtes, et chaque jour l’application vous propose une petite étape, conçue pour cette journée. Trop lourd aujourd’hui ? Demandez plus léger, et l’étape s’ajuste. Quand vous tenez le rythme, les étapes grandissent avec vous.
Quelques jours manqués ? Aimora repart de la plus petite étape : vous n’avez jamais à attendre la prochaine date pour reprendre. Vous suivez votre progression et votre série dans l’application, et l’étape du jour s’affiche sur une Apple Watch ou dans un widget.
